Contre la tyrannie des enfants-rois

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Les parents d’enfants-rois feraient bien de détrôner leur progéniture, de la remettre à sa juste place

Toujours plus nombreux sous nos latitudes, les dictateurs en culottes courtes mènent leur maisonnée par le bout du nez. Ils obtiennent absolument tout ce qu’ils veulent. Mais sont-ils pour autant heureux? Et les géniteurs, qui cèdent à tous les caprices, qui donnent beaucoup d’eux-mêmes sans recevoir grand-chose en retour, respirent-ils le bonheur…?

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«En accédant à tous les désirs de l’enfant, les parents font une erreur psychologique énorme, explique Christiane . Ils en font un enfant paranoïaque qui est persuadé d’avoir tout le temps raison.» Cette psychanalyste, auteur notamment d’Enfants-rois, plus jamais ça! (Albin Michel), exhorte les mères et les pères à reprendre leur rôle de parents, de chefs de famille!

Une tâche difficile pour des adultes qui ont peur de brimer leur minot, peur d’être détestés par lui et qui n’arrivent donc pas à dire non, à émettre des interdits… Notre interlocutrice balaie d’une réplique ces craintes qu’elle juge totalement infondées: «L’amour d’un enfant n’est pas fragile. Même si vous le punissez, il continuera de vous aimer par-dessus tout.»

Face à l’adversité

Pour cette femme, la véritable preuve d’amour d’un parent à son môme, ce serait justement de remettre l’apprenti tyran à sa place d’enfant. «On ne peut pas continuer une éducation sans éducation, c’est-à-dire sans lois», s’exclame-t-elle. Si papa-maman ne reprennent pas les choses en main (le plus tôt serait le mieux!), leur gosse n’arrivera bientôt plus à supporter la moindre contrainte et ne saura finalement réagir, face aux contrariétés, que par l’agressivité et la violence.

Devenu grand, l’intouchable despote continuera sans doute d’exiger tout et tout de suite avec tout le monde, restera indifférent aux autres et sera, par conséquent, potentiellement dangereux pour son entourage. «Comme on ne lui a pas appris à lutter pour obtenir ce qu’il voulait, qu’il n’a eu aucune émulation, qu’on l’a toujours goinfré, cet ogre va manquer d’énergie pour se battre et il se rabattra très souvent sur la drogue, l’alcool ou la nourriture», avertit la psy d’Aix-en-Provence.

Courage parents! Dites-vous que pour faire le bonheur de votre ayatollah chéri, pour l’aider à grandir véritablement, il suffit d’une petite révolution! Et pour renverser le roitelet, rien ne vaut auparavant un poil d’autosuggestion, version méthode Coué: «Je suis quelqu’un de la génération d’au-dessus, je suis plus grand que toi, j’ai plus de pouvoir, plus de force aussi. Tu dois le savoir et ne pas concourir avec moi, ni essayer d’imposer tes caprices, car tu n’y arriveras pas.»

Attention, cela ne signifie pas que l’on va passer à une autre dictature, parentale cette fois-ci. Christiane : «L’enfant a des désirs qui sont normaux, légitimes, et qu’il convient de reconnaître et d’honorer. Il n’a simplement pas le droit de tout diriger.»

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